Imaginez-vous à la tête d’une entreprise florissante, prêt à accueillir de nouveaux talents pour étoffer votre équipe. Vous avez consacré des heures à trier les CV, à organiser des entretiens, et pourtant, au dernier moment, certains candidats ne se présentent pas. Ce phénomène, que beaucoup de recruteurs redoutent, s’appelle le « ghosting ». Alors que vous vous demandez comment y faire face, cet article vous dévoile pourquoi ce comportement est devenu si courant et comment les professionnels s’adaptent à cette nouvelle réalité.
L’essentiel à retenir
Le « ghosting » des candidats, qui consiste à ne plus donner de nouvelles au cours du processus de recrutement, est en nette progression. Zoé Daguenet, DRH externalisée, constate une augmentation des cas, d’autant plus que le nombre de candidatures reçues est également en hausse. Audrey Guidez, membre de l’ANDRH, précise que cette pratique varie en fonction des postes, notamment ceux en pénurie où les candidats se sentent en position de force.
Denis Soune-Seyne, DRH externalisé, partage son expérience selon laquelle le ghosting se manifeste dans divers secteurs, y compris l’hôtellerie et la tech. Contrairement à certaines idées reçues, ce comportement ne concerne pas uniquement les jeunes générations. Les recruteurs, comme Audrey Guidez, s’efforcent de mieux comprendre les candidats en leur demandant s’ils ont d’autres pistes, afin de mieux anticiper les risques de ghosting.
Le ghosting peut se manifester de plusieurs manières, allant du silence radio dès la première prise de contact à l’absence lors d’un entretien, voire après la signature du contrat. Zoé Daguenet explique que ces absences imprévues perturbent l’organisation interne, rallongent le processus de recrutement et augmentent la charge de travail des recruteurs.
Denis Soune-Seyne préfère les candidats qui informent à l’avance de leur absence, même s’ils ne peuvent honorer un rendez-vous. Les recruteurs font preuve de flexibilité en permettant aux candidats de choisir leurs créneaux d’entretien, un moyen d’encourager leur engagement et de minimiser les risques de ghosting.
Autrefois, ce silence radio était davantage pratiqué par les entreprises. Denis Soune-Seyne souligne que le recrutement devrait être perçu comme une relation et que le ghosting actuel des candidats pourrait être une réaction à un manque de respect passé. Marc Sarwatka, CEO de Proevolution, ajoute qu’un traitement respectueux des candidats incite à un retour de respect. Cependant, en l’absence de réponse, certains recruteurs choisissent de blacklister ces candidats pour éviter de futurs désagréments.
Pour contrer le phénomène de ghosting, les recruteurs mettent en place divers outils et stratégies. La première prise de contact par mail, les rappels d’entretien et des échanges réguliers sont des méthodes utilisées pour maintenir le lien avec les candidats. Denis Soune-Seyne insiste sur l’importance de donner aux candidats la possibilité de choisir leurs créneaux d’entretien, une approche qui favorise leur disponibilité et leur engagement.
Dans le secteur technologique, où la demande de talents est élevée, le ghosting des candidats présente des défis uniques. Les entreprises doivent non seulement gérer les absences imprévues, mais aussi repenser leurs stratégies de recrutement pour attirer les meilleurs talents. En investissant dans des technologies de recrutement avancées, comme l’intelligence artificielle, certaines entreprises cherchent à améliorer l’expérience des candidats et à réduire le ghosting.
En examinant le marché du travail dans son ensemble, le ghosting des candidats et des entreprises reflète une transformation plus large des dynamiques de recrutement. Des organisations comme LinkedIn et Glassdoor travaillent à améliorer la transparence et la communication entre employeurs et candidats. À l’avenir, l’évolution des technologies et des attentes des candidats pourrait redéfinir les normes du recrutement, incitant employeurs et candidats à une collaboration plus harmonieuse.